La loi de Murphy s’invite à Toulouse…

Après une bonne nuit de sommeil réparateur, nous nous réveillons fraîches, disposées et surtout très confiantes. Notre journée est parfaitement planifiée. Tout devrait rouler comme sur des roulettes… Erreur monumentale! Nous avions oublié un petit détail: ne jamais sous-estimer la loi de Murphy, cette vieille dame qui semble toujours voyager dans nos bagages et qui nous rappelle que tout ce qui peut mal tourner finira inévitablement par le faire. 

Nous quittons donc l’appartement, direction l’arrêt de tram. Le tram arrive, nous montons, et au moment de valider notre billet… BAM! Un gros X rouge! La machine refuse catégoriquement notre ticket. Pas de discussion, pas de négociation, rien. Le tram, lui, n’a aucune envie de participer à nos problèmes existentiels et repart tranquillement.

 Nous décidons de descendre au prochain arrêt afin de valider notre carte et, au besoin, de la recharger. Nous lisons attentivement les instructions, appuyons ici, là, suivons religieusement toutes les étapes… pour finalement découvrir qu’il est impossible de la recharger puisqu’il nous reste encore six billets valides!

Voilà donc comment une simple validation de billet peut devenir une épreuve olympique. Trente minutes plus tard, notre patience commence à montrer des signes inquiétants de faiblesse. Heureusement, au tram suivant, miracle! La validation fonctionne parfaitement. Nous repartons, un peu plus âgées qu’une demi-heure auparavant, mais toujours debout.

Le couvent des Jacobins… enfin, ce qu’il en reste!

Notre première visite est prévue au couvent des Jacobins, avec son église, son magnifique cloître, sa salle capitulaire et sa chapelle. Nous arrivons pleines d’enthousiasme.

Sauf que ….Rénovations

 Le cloître? En rénovation.
L’église? En rénovation.
La salle capitulaire? Évidemment… en rénovation.

Il ne reste donc que la chapelle à visiter

Disons que pour notre première activité, nous avons eu droit à la version « visite découverte, format poche ».

Mais pas question de nous laisser abattre. Nous avons confiance: le mauvais sort a sûrement épuisé son quota de catastrophes pour la journée. Nous nous arrêtons pour lunch. Il fait beau, alors terrasse! Tout se passe à merveille. Notre serveur reconnaît en nous le Canada que nous corrigeons pour le Québec et connaît la géographie puisqu’il a un copain qui demeure à Granby qu’il a déjà visité. Véritablement, le monde est petit. Nous mangeons tranquillement, profitons du soleil et commençons même à croire que nous avons réussi à conjurer le mauvais sort. Quelle naïveté!

Deuxième arrêt: les Galeries Lafayette.

Comme nous avons acheté une passe tourisme, nous avons droit à un petit cadeau du magasin. Tant qu’à être dans ce magnifique édifice, nous décidons également de faire une petite pause technique aux toilettes. Et c’est là que j’apprends une leçon qui me suivra probablement jusqu’à la fin de mes jours:

Ne jamais mettre son cellulaire dans la poche arrière de son pantalon.

Surtout lorsqu’on entre dans une cabine où le sol est recouvert d’un liquide dont l’origine demeure volontairement mystérieuse. Je baisse mon pantalon et, soudain…PLIF! Mon cellulaire tombe directement dans le liquide. Je le regarde flotter. Il me regarde probablement aussi. Moment de silence. Je préfère ne pas savoir si c’était de l’eau. Disons simplement que mon téléphone venait de faire son baptême aquatique dans des circonstances peu recommandables. À la sortie, je le frotte consciencieusement avec du savon et lui promets solennellement qu’il passera désormais sa vie bien au sec dans mon sac à main.

Nous descendons ensuite récupérer notre fameux cadeau. Le commis regarde notre passe et nous annonce qu’elle est expirée depuis… huit minutes! Impossible! Nous l’utilisons depuis dimanche et elle est supposément valide trois jours. Nous expliquons la situation avec toute la conviction de deux touristes qui refusent catégoriquement de perdre un cadeau gratuit. Heureusement, le commis est bon joueur. Il nous dit que ce n’est pas grave et nous remet notre surprise: une jolie pochette. Nous repartons donc avec notre cadeau.

Parce que, soyons honnêtes, tout ce qui est gratuit mérite d’être sauvé jusqu’au dernier souffle.

Le musée Bemberg: le combat final

Dernier arrêt de la journée: le musée Bemberg. Nous arrivons avec un mauvais pressentiment. Et devinez quoi? Le mauvais pressentiment avait raison. Cette fois, la passe est bel et bien expirée. Mais je ne m’énerve pas. Enfin… pas trop. Je refuse surtout de laisser tomber. Le gentil commis à l’accueil est seul et me propose d’appeler l’office de tourisme. Comme je n’ai pas accès à ma ligne téléphonique, il me prête généreusement son propre cellulaire. Commence alors une opération diplomatique de haut niveau. Persuasion. Patience. Tact. Doigté. Explications. Re-explications. Et finalement…

VICTOIRE!

Notre passe est prolongée de deux journées supplémentaires! Nous ressortons du musée avec le sentiment d’avoir remporté une bataille historique. À ce stade, nous ne sommes plus de simples touristes: nous sommes devenues des négociatrices internationales spécialisées en passes touristiques expirées.

Et parce qu’une journée mouvementée mérite une récompense…

Finalement, nous rentrons très contentes de notre journée. Bon, nous avons connu quelques petits contretemps, une passe récalcitrante, un téléphone amphibie, un couvent en rénovation et quelques minutes de négociation intensive…Mais nous avons aussi fait 10 000 pas pour une troisième journée consécutive! Et surtout, nous nous sommes offert une petite visite éclair à la pâtisserie du coin. Une tarte au citron meringuée pour moi et un Pavlova framboises-basilic pour Anne que nous avons partagés. Parce qu’après avoir affronté la loi de Murphy toute la journée, on mérite bien de finir avec du sucre, de la meringue et une bonne dose de crème! La journée avait peut-être commencé sur les chapeaux de roues…Mais elle s’est terminée sur une pâtisserie.

Et finalement, c’est peut-être ça, le véritable art de voyager: transformer les petits désastres en souvenirs… et les souvenirs en calories!