Barcelone, dernier round : chaleur, éventails et portefeuille plus mince

Nous terminons notre périple à Barcelone par une autre journée très chaude. À ce stade-ci, nous ne sommes plus vraiment deux mémés en voyage, mais deux mémés en mode lavage délicat. Toute mouillées, nous avons découvert une nouvelle utilité aux éventails espagnols : contrairement à ce qu’on pourrait croire, ils ne servent pas uniquement à faire joli dans les spectacles de flamenco. Ils servent surtout à se ventiler la face et la nuque en essayant de ne pas fondre sur place.

Je suspecte d’ailleurs que l’éventail est probablement l’article le plus vendu de Barcelone. Il y en a partout! Par chance, Anne, toujours à l’affût des grandes avancées technologiques susceptibles d’améliorer notre survie, a découvert que l’indispensable ventilateur espagnol pouvait aussi se commander chez Amazon. Format rechargeable, petit, pratique et suffisamment compact pour entrer dans un sac à main. Et surtout, beaucoup plus efficace que de s’agiter le poignet avec un éventail en essayant de se convaincre qu’on ressemble à une danseuse de flamenco. Le nôtre possède même une fonction turbo. Attention… ça décoiffe! 

Les Ramblas… version chantier

Nous sommes ensuite parties faire un tour sur les Ramblas, que l’on décrit souvent comme l’équivalent des Champs-Élysées de Paris. Disons que la comparaison s’arrête probablement au nombre de touristes et aux prix. Les Ramblas, c’est l’avenue où tout semble avoir été conçu pour que le touriste sorte son portefeuille. Malheureusement, lors de notre passage, nous avons surtout découvert une immense zone de travaux.

Nous avons donc entrepris une nouvelle activité touristique : le slalom entre les cônes orange. Après quelques détours, zigzags et probablement quelques jurons intérieurs, nous avons réussi à atteindre le marché de la Boqueria. Erreur stratégique.

Il y avait tellement de monde que nous avons rapidement pris une décision digne de deux femmes expérimentées : rebrousser chemin avant de perdre Anne, moi-même ou notre dernier morceau d’énergie. Nous avons poursuivi notre route jusqu’à la célèbre mosaïque de Joan Miró. Nous avons même marché dessus et constaté que certaines tuiles étaient manquantes. Nous avons donc fait notre contribution personnelle à l’art moderne : deux mémés qui inspectent une mosaïque en se demandant qui a bien pu marcher là avant nous.  Nous avons terminé notre périple à la cathédrale de Barcelone.

Et là, petit moment de magie espagnole : 16 € pour entrer dans une cathédrale en rénovation parce que nous y sommes allées en après-midi.

Le matin? Gratuit. la raison : pour les offices religieux. Pour 16 €, nous aurions certainement pu se glisser à l’intérieur entre deux messes. Nous avons donc appris une règle importante du tourisme barcelonais : le patrimoine est beaucoup plus abordable quand on est capable de se lever tôt.

Prochaine étape : Madrid!

Après la France et Barcelone, nos pieds commencent sérieusement à nous regarder avec un air de « Vous êtes certaines qu’on continue? ». Mais bon… les valises sont prêtes, les ventilateurs sont chargés et nous avons encore deux ou trois articulations fonctionnelles.

Ce qui nous a surprises à Barcelone

Le prix des visites : Nous avons trouvé les visites assez dispendieuses : le parc Güell, la Casa Batlló, la Sagrada Família…À ce rythme-là, on ne visite plus seulement Barcelone, on finance une partie de son patrimoine!

l’efficacité des transports en commun : Ici, chapeau! Les transports sont efficaces, relativement peu coûteux et il y a des ascenseurs partout. Nos genoux et nos pieds ont enfin trouvé leur meilleur ami. Par contre, côté solidarité dans les transports, c’est plutôt « chacun pour soi et Dieu reconnaîtra les siens ». Personne ne semble particulièrement pressé de céder son siège aux personnes qui en auraient besoin. Nous avons donc perfectionné notre technique : regard attendrissant, sourire discret et espoir que quelqu’un remarque que nous avons dépassé l’âge où s’asseoir devrait être considéré comme un luxe. 

 Et la nourriture!

Alors là, aucune plainte. Les xiuxos, les patatas bravas, les croquetas, les tortillas de patatas…Nous nous sommes régalées. Nos papilles, elles, seraient parfaitement disposées à prolonger le séjour. Nos pieds, beaucoup moins.

Bref, Barcelone nous aura laissé des souvenirs, quelques euros de moins, plusieurs milliers de pas de plus et une nouvelle dépendance : le petit ventilateur turbo.

Madrid, prépare-toi. Les deux mémés arrivent… avec leurs éventails ET leur turbo.