
Nous commençons maintenant à nous orienter assez facilement dans Barcelone. Miracle! Après quelques jours à chercher les rues, les stations de métro et notre propre sens de l’orientation, nous voilà presque capables de nous déplacer sans GPS. Presque.
Aujourd’hui, nous faisons le tour de la partie nord de Barcelone en autobus. Avant de partir, nous avons consciencieusement appliqué notre crème solaire FPS 500. Pas question d’ajouter une nouvelle couche de couleur à celle généreusement récoltée hier. Nous avons maintenant un teint qui oscille entre « vacances en Espagne » et « tomate séchée au soleil ».
Une chose nous frappe ici : le piéton est roi! Les traverses sont partout et, lorsque le petit bonhomme devient vert, il le reste au minimum 60 secondes. Soixante! On a le temps de traverser, de s’arrêter pour prendre une photo, de réfléchir à notre destination et même de remettre notre sac correctement sur notre épaule. Quand vient le tour des voitures, même traitement : feu vert pendant 60 secondes. Pas une seconde de plus. Chacun son tour, et pas question de négocier avec le petit bonhomme lumineux.
Nous en sommes donc arrivées à une conclusion hautement scientifique : à Barcelone, il peut être beaucoup plus rapide de marcher que de prendre la voiture ou l’autobus. Et pour deux mémés qui accumulent les kilomètres, cette découverte est franchement inquiétante. On pensait prendre l’autobus pour ménager nos pieds… finalement, c’est lui qui nous ralentit!
Après nous être régalées de tapas pour le lunch, nous nous installons sur un banc pour regarder les gens passer. Pour nous, ce n’est pas simplement du repos. C’est de la recherche. Une véritable étude sociologique.
On observe. On analyse. On commente. Bref, de mémés, nous sommes tranquillement devenues commères professionnelles.
Aujourd’hui, notre grande question existentielle porte sur la grandeur des gens. Anne mesure tout juste cinq pieds, bien droite, bien fière. Mais je ne sais pas si un congrès international des petites personnes avait lieu dans un hôtel voisin, toujours est-il qu’Anne dépassait d’une bonne tête la majorité des gens qui passaient devant nous. Touristes? Barcelonais? Délégation officielle des moins de cinq pieds? Mystère complet.
Mais une chose est certaine : Anne était ravie. Après avoir passé sa vie à être entourée de gens plus grands qu’elle, voilà qu’elle venait de découvrir qu’à Barcelone, cinq pieds, c’est pratiquement une taille de mannequin.
Nous terminons la journée avec la visite de la Casa Batlló. Encore une fois, nous grimpons des escaliers. Parce qu’apparemment, même les attractions touristiques de Barcelone ont décidé de participer à notre programme d’entraînement. Arrivées au dernier étage, un photographe professionnel nous propose de prendre une photo souvenir. Nous avons poliment décliné.
Pas que nous ne voulions pas de souvenir… mais après tous les kilomètres parcourus, les escaliers montés et les gens analysés sur notre banc, nous sommes parfaitement capables de prendre nos propres photos.
Et surtout, nous connaissons notre meilleur profil. Enfin… on pense le connaître.




