Cascais, les mouches, les coqs et la douche polaire

Ça y est… aujourd’hui, c’est Cascais! Et attention, ça se prononce Cashquèche. J’ai pratiqué toute la journée pour réussir à le dire convenablement. Anne, elle, travaille encore sur le dossier. Disons qu’elle est toujours en phase d’apprentissage linguistique intensif.

Cascais est une jolie ville côtière de l’Atlantique où les touristes affluent en grand nombre durant l’été. Nous sommes des touristes, nous sommes toujours en été et, avec nos 28 degrés, nous avons décidé de nous fondre dans le décor. Les plages sont donc prises d’assaut.

Nous arrivons en autobus à 10 h 15 et on nous informe qu’il repartira à 11 h… ou à 18 h si nous voulons profiter de la journée. Entre les deux, il faut se débrouiller avec le train, le taxi ou Uber. Comme nous sommes des femmes patientes et raisonnables, nous choisissons évidemment 18 h. Tant qu’à être là, aussi bien explorer.

Et nous allons explorer… surtout les mouches.

À peine sorties de l’autobus, elles nous prennent pour cible. Pas une ou deux petites mouches de passage. Non. Une escadrille complète. Nous avons pourtant mis du déodorant. Donc, à moins qu’il existe un nouveau parfum « Grand-mère légèrement fermentée », nous ne voyons aucune raison valable à cet acharnement. Nous ne sommes pas en état de putréfaction. Du moins, pas encore.

Anne passe son temps à se taper sur la tête pour faire déguerpir les intruses. Mauvaise idée d’avoir mis cette espèce de crème dans ses cheveux : les mouches qui atterrissent sur sa chevelure y restent collées. Elle ne porte donc plus une coiffure, mais un piège à mouches artisanal. Nous sommes revenues de notre promenade avec des tics. Maintenant, dès qu’un truc bouge, on frappe. Une mouche? Paf! Une feuille? Paf! Un oiseau qui passe trop près? Paf! On ne prend plus de chances.

Nous poursuivons notre promenade sur le bord de mer. Étonnamment, tout est très calme. Les surfeurs attendent patiemment la vague parfaite, debout sur leur planche dans une position semi-accroupie, prêts à bondir dès que l’océan daignera collaborer. Sauf qu’après un certain temps, nous sommes convaincues que quelques-uns se sont carrément endormis.

Nous continuons vers un parc où nous entendons le chant du coq. Enfin… « chant » est peut-être un mot généreux.

Quelques coqs semblaient être en pleine mue, tandis que d’autres leur répondaient à distance. On aurait dit un concours de chant dans une taverne à 22 h 30, avec des participants qui avaient déjà largement dépassé leur quota de bière.

Mais bon, la nature avait décidé de nous offrir son grand spectacle : des mouches, des coqs, des tortues dans un bassin, des citrons ou des limes dans les arbres, des oiseaux du paradis et des arbres magnifiquement fleuris. Bref, tout ce que la nature peut offrir… sauf un répulsif à mouches.

Nous avons ensuite trouvé une belle terrasse pour manger. Au menu : hamburger au poulet pour moi et hamburger au bœuf et aux truffes pour Anne. Notre premier hamburger depuis notre départ. Après plus d’un mois de voyage, nous étions rendues à un point où deux boulettes de viande dans un pain nous semblaient presque être un événement gastronomique.

Puis vient le moment du retour. Et là, notre voyage nous offre son troisième épisode de « Douche froide : la série ».

La chaudière doit finalement être remplacée au complet. Nous commençons à nous habituer à cette nouvelle tradition portugaise. Nous appelons ça faire l’ours polaire. On entre sous la douche, on pousse un cri intérieur, on serre les dents et on ressort avec une circulation sanguine digne d’un marathonien. À force, ça doit sûrement être bon pour quelque chose. Peut-être même que ça explique notre performance de la journée : plus de 20 000 pas, 14,5 km! Notre record absolu depuis le début du voyage. Et le plus étrange dans tout ça, c’est que nous ne ressentons même pas de fatigue dans les jambes.

Serait-ce la douche froide?

Aurions-nous découvert, complètement par hasard, le secret portugais de la récupération musculaire? Si c’est le cas, demain, on se douche encore à l’eau froide. On va peut-être finir notre voyage avec des jambes de gazelle… et le teint d’un homard.