
Aujourd’hui, c’est notre dernière journée en Espagne. Et que font deux mémés lorsqu’elles savent qu’elles quittent un pays? Elles magasinent des souvenirs, évidemment! Parce qu’une dernière journée sans quelques achats inutiles, mais absolument indispensables, serait tout simplement une journée gaspillée.
Toutes les raisons sont bonnes pour mettre la main dans le portefeuille et, surtout, pour l’amincir. Au besoin, nous avons toujours une arme secrète : la carte magique « Achetez maintenant, payez plus tard ». Une invention remarquable qui permet de vivre pleinement aujourd’hui et de réfléchir aux conséquences… beaucoup plus tard! Nous sommes donc retournées dans la ville historique avec une stratégie digne d’une opération militaire.
Première étape : lèche-vitrines intensif. On regarde, on analyse, on prend des notes, on inscrit les noms des boutiques et leurs adresses. Bref, deux touristes parfaitement organisées.
Deuxième étape : pendant le lunch, on sort les notes, les calculatrices et notre sens aigu de la logique. Comparaisons de prix, calculs savants, discussions interminables. On aurait dit deux comptables en pleine vérification fiscale, sauf qu’ici, notre objectif était de justifier des achats dont nous n’avions absolument pas besoin.
Troisième étape : retour en ville pour passer à l’action et compléter les achats.
Évidemment, tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Nous avons fait quelques erreurs de calcul, certaines boutiques avaient décidé de fermer précisément au moment où nous avions enfin pris notre décision et, naturellement, nous avons dû recommencer le processus. Parce qu’à notre âge, nous avons appris une chose essentielle : quand ça ne fonctionne pas du premier coup, on marche davantage!
Nous sommes finalement revenues à l’appartement à moitié mortes, les pieds en compote, mais le cœur heureux et les sacs bien remplis. Le portefeuille, lui, a subi une cure d’amaigrissement spectaculaire. Mais bon, la joie que nous aurons à offrir ces souvenirs à nos proches compense largement… enfin, c’est ce qu’on se répète pour dormir tranquilles ce soir!
Nous avons vraiment adoré notre périple à travers le nord de l’Espagne. L’architecture nous a carrément soufflées. Chaque ville avait sa personnalité, son caractère et son petit quelque chose qui nous donnait l’impression d’avoir changé de décor sans même changer de pays.
Barcelone, la dynamique et exubérante.
Montserrat, la dévote perchée dans ses montagnes.
Gérone, la médiévale avec ses airs de décor de film.
Figueras, l’artistique complètement déjantée.
Madrid, la sereine qui nous a permis de jouer aux grandes dames royales.
Tolède, la majestueuse, qui semble avoir été construite pour impressionner le visiteur.
León, l’historique, avec ses monuments qui nous rappellent que l’Espagne a quelques siècles d’avance sur nous.
Et finalement Santiago de Compostelle, la spirituelle et pacifiste, où nous avons trouvé quelque chose de rare après toutes nos aventures : un peu de tranquillité de l’âme.
Côté quotidien, la gastronomie espagnole nous a également très bien servies. Disons que les tapas étaient parfaitement adaptées à notre mode de fonctionnement : plusieurs petites portions, beaucoup de choix et aucune obligation de manger comme si nous étions encore capables de digérer un buffet complet! Les patatas bravas, les tortillas et les croquetas vont certainement nous manquer. Nos papilles, elles, auraient volontiers prolongé le séjour.
Mais voilà, l’Espagne, c’est terminé.
À partir de demain, c’est le Portugal qui nous attend.
Il ne le sait pas encore… mais il devrait peut-être commencer à se préparer. Deux mémés québécoises, deux valises, quelques cartes de crédit et une confiance démesurée en notre capacité à nous débrouiller dans une nouvelle langue…







