
Jeudi matin, réveil à 5 h 45. Oui, 5 h 45. À cette heure-là, normalement, seules les boulangères et les personnes qui regrettent leurs décisions de la veille sont debout. Nous, évidemment, nous sommes parfaitement réveillées et prêtes pour une excursion d’environ 10 heures vers Coimbra et Fatima.
Pour commencer cette magnifique journée, rien de mieux qu’un petit échauffement. Pas un petit échauffement de mémés tranquilles, non. 300 mètres de montée en pente raide. Et ce n’est pas moi qui le dis, c’est Apple Plans. Quand même, si Apple le dit, ça doit être vrai. Nous nous lançons donc dans l’ascension à bonne vitesse, comme si marcher rapidement allait convaincre la pente de devenir moins abrupte. Notre théorie est simple : plus on monte vite, plus vite c’est fini. Théorie intéressante, mais totalement fausse.
À mi-chemin, nos poumons envoient un message urgent à notre cerveau. Nous sommes obligées de faire un arrêt pour reprendre notre souffle. Mais attention, nous avons notre dignité à préserver! Nous avons alors mis au point une stratégie digne des grandes agences de renseignement. J’arrête subitement et je dis à Anne : « Attends, je pense que j’ai oublié quelque chose dans mon sac. » J’ouvre donc mon sac et je commence à fouiller dedans avec une concentration remarquable, pendant que les pauvres touristes qui nous suivaient de trop près nous dépassent. Mine de rien, nous venons de créer une aire de repos clandestine.
Une fois la circulation dégagée, nous reprenons notre souffle, refermons le sac complètement vide de tout objet oublié et repartons de plus belle. Quand même, il y a des principes dans la vie. On peut être essoufflées, mais pas dépassées par tout le monde!
Nous sommes huit personnes pour l’excursion et, miracle portugais, nous partons exactement à 7 h 30. La journée s’annonce longue. Disons-le franchement : l’excursion n’a pas été un grand WOW pour nous. Nous avons vu des choses intéressantes, mais nous avions imaginé quelque chose de différent. Par contre, nous avons eu droit à un chauffeur-guide absolument remarquable. Diplômé en histoire, il savait vraiment de quoi il parlait et nous a entretenus pendant pratiquement tout le voyage.
Et lui, au moins, ne nous faisait pas monter des côtes à pied! Grâce à lui, nous avons appris une foule de choses sur Porto et sa région, les arbres fruitiers, Fatima et même l’organisation du travail au Portugal. Bref, pendant que le paysage défilait derrière les vitres de l’autobus, notre cerveau, lui, faisait des heures supplémentaires.
Même si nous avons passé une bonne partie de la journée assises dans un autobus, nos jambes n’ont visiblement pas reçu le mémo. Au total, nous avons quand même marché plus de 9 kilomètres et monté l’équivalent de 26 étages.
À ce stade-ci, nous ne voyageons plus. Nous faisons un entraînement militaire avec des visites touristiques entre deux exercices.
Demain sera notre dernière journée à Porto et, pour la première fois depuis notre départ, nous avons pris une décision révolutionnaire : nous ne prévoyons absolument rien.
Et curieusement, nous avons comme l’impression que ce sera peut-être la journée la plus intéressante de toutes.









