Lisbonne : entre douche froide et pizza sans truffe

Nous avons goûté à notre première douche froide hier soir. Et quand je dis froide, je ne parle pas d’une petite eau fraîche pour se remettre les idées en place. Non, non. Je parle de l’eau qui vous fait regretter instantanément toutes les mauvaises décisions de votre vie. Ça ravigote pas à peu près! On en ressort tellement réveillées qu’on aurait pu repartir faire une excursion à 22 h.

Aujourd’hui, nous avions prévu nous promener tranquillement dans Lisbonne. Mais comme nos plans ont une durée de vie approximative de douze minutes, il fallait évidemment les modifier.

MétéoMédia nous annonce deux belles journées ensoleillées et peut-être un peu de pluie mardi. Ni une ni deux, nous réorganisons notre programme. Direction : billets de bus Hop-on Hop-off pour 48 heures. L’idée est géniale : ça nous évite de marcher inutilement et, surtout, ça nous permet de faire une croisière de deux heures sur le Tage pendant qu’il fait beau.

Nous nous rendons donc à Belém pour prendre le bateau. Deux heures sur le Tage, tranquillement assises, à regarder Lisbonne défiler sous nos yeux. Pour une fois, une activité qui ne nécessite ni montée abrupte, ni escalier interminable, ni GPS qui nous annonce joyeusement : « Tournez à droite… puis montez 147 mètres. » À la fin de la journée, nous aurons quand même marché 7 km.

Au retour, nous sautons dans un autre petit autobus, direction le centre historique. Et là, c’est toute une aventure.

Les rues sont tellement étroites que nous avons parfois l’impression que les bâtiments se sont rapprochés pendant la nuit. Les voitures, les autobus, les tuk-tuks et les tramways circulent tous dans les mêmes petites rues. Ça monte, ça descend, ça tourne, ça contourne, ça passe à quelques centimètres des murs et, à certains endroits, j’ai même l’impression que ça tourne en carré.

Nous descendons finalement du bus vers 17 h, avec une priorité absolue : trouver à manger. Notre dernier repas remonte à 7 h ce matin. À ce stade, ce n’est plus de la faim, c’est une situation d’urgence alimentaire. Si quelqu’un avait croisé deux mémés affamées prêtes à négocier un sandwich contre leur passeport, il aurait compris.

En retournant vers l’appartement, nous apercevons deux restaurants avec terrasse.

Le premier : végétalien. Non. Faut quand même pas exagérer. Nous avons nos limites.

Le deuxième : italien, avec de belles nappes à carreaux rouges et blancs. Oui!

Des carreaux rouges et blancs! Ça inspire confiance. Ça respire la pizza, les pâtes, le chianti et la joie de vivre. Nous nous installons donc, persuadées d’avoir fait un excellent choix. Erreur.

Nous aurions finalement dû choisir le végétalien.

Le service est tellement lent qu’on aurait pu commander une plante verte en entrée, la regarder pousser et avoir encore le temps de récolter les tomates pour notre pizza.

Ma pizza aux truffes arrive enfin… sauf qu’il semble que la truffe ait décidé de ne pas faire le voyage jusqu’à Lisbonne. Parce qu’elle ne goûte absolument pas la truffe.

Et ma bière? Toujours portée disparue.

J’attends encore. Elle doit probablement être quelque part entre la cuisine et la frontière espagnole.

Nous retournons donc à l’appartement, rassasiées, mais surtout déçues, et les derniers mètres se font pratiquement à reculons pas parce que nous sommes fatiguées d’avoir marché, mais plutôt parce que l’inévitable s’appelle une douche. Évidemment… Encore une douche froide. À ce rythme-là, nous ne sommes plus en voyage au Portugal. Nous sommes en camp d’entraînement pour survivantes.

Mais demain, changement de décor. C’est la plage qui nous attend. Et pourvu qu’elle ait de l’eau chaude… ou au moins qu’elle ne nous tombe pas dessus par surprise!