
On a beau avoir pensé à tout… enfin, c’est ce qu’on croit. Parce qu’en voyage, il y a toujours un petit détail qui décide de nous rappeler que nous ne contrôlons absolument rien. Ce matin, c’est Uber qui s’en est chargé.
Un message nous informe que le paiement n’est pas passé parce que la carte de crédit ne fonctionne pas. Après quelques secondes de réflexion, Anne réalise que la dernière fois qu’elle a utilisé Uber, elle avait payé avec une carte qui a été clonée par la suite. Elle l’a donc annulée avant d’en recevoir une nouvelle… mais elle avait oublié un tout petit détail : mettre à jour sa carte chez Uber.
On recommence donc le processus, on entre les nouvelles informations, on croise les doigts… et pouf! Ça fonctionne. Miracle technologique numéro 47 de notre voyage.
Le trajet en autobus, lui, se déroule sans aucun problème. Trop beau pour être vrai? Évidemment.
À peine arrivées, un message de notre hôte nous attend : la chaudière est brisée et elle ne pourra être réparée que lundi.
Alors là… comment dire? C’est chiant.
Nous ne sommes pas particulièrement intéressées à aller à l’hôtel ou à chercher un autre Airbnb, puisque nous avons organisé toute notre vie autour de cet appartement. Et puis, soyons honnêtes, après avoir traîné nos valises partout en Europe, nous n’avons aucune envie de recommencer le cirque. Nous arrivons donc à l’appartement, montons deux étages avec nos bagages, probablement quelques kilos de souvenirs et ce qui nous reste de dignité, puis attendons la propriétaire pendant quinze minutes.
Finalement, nous négocions. Elle nous offre deux jours d’hébergement gratuits en échange d’un petit détail : nous laver à l’eau froide. Je regarde Anne. Anne me regarde. Je lève un sourcil. Elle fait oui de la tête.
Parfait!
Pour deux jours d’hébergement gratuit, nous sommes prêtes à nous les geler! Après tout, nous avons déjà affronté des pentes, des escaliers, des trains, des autobus, des températures qui feraient fondre une statue et des toilettes européennes parfois dignes d’un parcours du combattant. Une douche froide ne nous fera pas peur.
Enfin… c’est ce qu’on dit avant d’ouvrir le robinet.
Nous trouvons ensuite une petite pizzéria au coin de la rue pour manger notre premier repas de la journée. Il est 16 h. À ce stade-ci, ce n’est plus un dîner, c’est un souper qui a perdu le nord. Après avoir rempli notre estomac, direction le supermarché pour remplir le frigo. Nous faisons provision de liquide, parce qu’il faut bien rester hydratées : eau, jus, boissons gazeuses et, évidemment, vin. On ne sait jamais quand une urgence diplomatique peut survenir. Nous ajoutons quelques fruits pour donner l’impression que nous avons encore un semblant de vie équilibrée..
Et c’est là que nous faisons une découverte majeure : Porto, c’est de la petite monnaie comparé à Lisbonne!
Porto est loin d’être plate : ça monte, ça descend, ça remonte et ça redescend, souvent au moment précis où nos jambes commencent à négocier leur démission. Mais malgré tout, Lisbonne nous semble bien pire. À côté de Lisbonne, les pentes de Porto ressemblent presque à de petites ondulations sympathiques.
Après toutes ces semaines de voyage, nous avons décidément gardé les deux villes les plus montagneuses pour la fin. Une stratégie douteuse, mais parfaitement cohérente avec notre façon de voyager : souffrir d’abord, comprendre ensuite.
Ce soir, on se couche tôt. Demain, il faut être en forme. Parce qu’à ce rythme-là, Lisbonne n’aura peut-être pas besoin de nous offrir des attractions touristiques. La ville elle-même est déjà un entraînement olympique.


