Madrid : deux mémés contre la Gran Via

Il n’y a rien qui ressemble davantage à une grande rue commerciale qu’une autre grande rue commerciale. Aujourd’hui, nous avons donc décidé d’aller faire un tour sur la Gran Via, question de vérifier si Madrid avait inventé quelque chose de nouveau en matière de magasins, de bijoux, de vêtements et de touristes.

Il n’y a rien qui ressemble davantage à une grande rue commerciale qu’une autre grande rue commerciale. Aujourd’hui, nous avons donc décidé d’aller faire un tour sur la Gran Via, question de vérifier si Madrid avait inventé quelque chose de nouveau en matière de magasins, de bijoux, de vêtements et de touristes. La Gran Via, c’est essentiellement le royaume des grandes marques, des boutiques chic, des théâtres et de tout ce qui peut faire fondre une carte de crédit en quelques minutes. Les trottoirs sont gigantesques. Immenses. Si larges qu’on pourrait croire qu’ils ont été conçus pour permettre aux piétons de circuler confortablement dans les deux directions.

Erreur monumentale!

Un pas à gauche. Deux pas à droite. Petit crochet entre deux touristes. Contournement d’un groupe immobilisé en plein milieu du trottoir. Esquive d’un téléphone cellulaire. Demi-tour stratégique. Et surtout, ne jamais s’arrêter, sinon nous risquons d’être absorbées définitivement par la foule.

À ce stade, nos déplacements ressemblent davantage à une compétition de slalom qu’à une promenade touristique. Et parce que Madrid aime visiblement tester notre résistance physique et mentale, c’était également la fin de semaine du Grand Prix de Madrid. Plusieurs activités étaient organisées, dont la Fan Zone Williams, installée directement sur la Gran Via avec une file de plus de 200 mètres qui attendait le pilote local Carlos Sainz.

200 mètres! une véritable muraille humaine

Essayez donc de couper en diagonale à travers une foule compacte de fans de Formule 1 qui attendent depuis des heures leur héros local. Nous avons rapidement compris que notre priorité n’était plus de visiter Madrid, mais de sortir vivantes de la Gran Via. N’étant pas particulièrement fans de course automobile, nous avons pris une décision stratégique : retour à l’appartement par le métro le plus proche. Après tout, il faut savoir reconnaître ses limites. Et surtout, il faut savoir quand battre en retraite avant que les genoux déposent officiellement un grief contre nous.

Dans le métro, un événement rarissime s’est produit. Pour la première fois depuis notre arrivée en Espagne, deux jeunes hommes nous ont cédé leur place dès que les portes se sont ouvertes. Nous sommes restées bouche bée. Était-ce notre air épuisé? Nos cheveux blancs? Notre démarche de deux mémés ayant déjà accumulé quelques kilomètres au compteur? Peut-être.

Mais personnellement, j’opte pour une autre explication : notre charme est tout simplement irréductible. À cet âge, il faut bien trouver quelques avantages.

Malgré tout, Madrid ne nous aura pas donné le grand coup de cœur que nous espérions. Nous avons toutefois beaucoup apprécié le fait que tout ce dont nous avions besoin se trouvait dans un rayon relativement restreint. Les transports en commun sont très développés, faciles d’accès et, surtout, ils nous permettent de donner une pause à nos pieds lorsque ceux-ci commencent à nous envoyer des messages de détresse.

Côté nourriture, par contre, aucun problème. Les restaurants regorgent de spécialités espagnoles et nous nous sommes régalées. Nos papilles, elles, ont beaucoup mieux vécu Madrid que nos genoux.

Notre plus beau souvenir restera sans contredit notre visite à Tolède. Une magnifique découverte, même si nos pieds et nos genoux ont depuis déposé une plainte officielle pour mauvais traitements. Ils nous ont clairement fait comprendre qu’ils n’étaient plus disposés à participer à toutes nos aventures sans négociation préalable.

Dorénavant, chaque sortie devra donc faire l’objet d’un comité de négociation des articulations.
Combien de kilomètres? De montées? Des escaliers? Des bancs? Un café à proximité? Sans réponse satisfaisante, la sortie pourrait être annulée sans préavis.

Nous quittons maintenant Madrid pour nous diriger vers la région de Castille-et-León, dans la ville de León, où passe le Chemin français de Compostelle pour terminer à Saint-Jacques trois jours plus tard. Cette nouvelle étape devrait nous permettre de ralentir un peu, de reposer nos articulations et de refaire le plein d’énergie avant de reprendre la route vers le Portugal.

Parce qu’après plusieurs semaines de voyage, nous avons appris une grande vérité : l’aventure, c’est merveilleux… surtout lorsqu’il y a un banc à la fin.