Madrid : du train tranquille au Grand Prix de Formule 1

Nous avons quitté Barcelone ce matin pour Madrid. Et, tenez-vous bien, tout a fonctionné comme sur des roulettes! Le taxi était à l’heure, le train confortable et nous étions bien installées dans nos sièges, prêtes à nous laisser transporter tranquillement jusqu’à destination. Évidemment, quand tout va trop bien, il faut se méfier. L’univers prépare toujours quelque chose.

Comme il nous restait un yogourt et deux petits pots de compote, notre petit déjeuner fut plutôt… gastronomique minimaliste. Disons que notre estomac avait davantage l’impression d’avoir reçu un échantillon gratuit qu’un repas. Quant au déjeuner, il a tout simplement été annulé pour cause de pénurie alimentaire. Mais pas de panique! Nous avons quelques réserves corporelles. On peut tenir encore un peu. Enfin… c’est ce qu’on se disait.

Nous arrivons à la gare d’Atocha à 14 h 17. Et là, débarquement de 18 wagons en simultané. Une véritable migration humaine. Tout le monde marche dans la même direction : la sortie. Et quand je dis « la sortie », je parle d’une sortie qui semble avoir été placée à l’autre bout de Madrid.

Après avoir suivi la foule, nos valises et probablement quelques personnes qui ne savaient pas plus que nous où elles allaient, nous arrivons finalement à la station de taxis. Il y a facilement une centaine de personnes devant nous. Pas grave. Des taxis, il y en a partout! Enfin… sauf quand c’est notre tour.

Les taxis arrivent, embarquent quelqu’un et disparaissent. Un autre arrive, même scénario. Nous commençons à comprendre que le taxi madrilène fonctionne un peu selon le principe de la chaise musicale : quand la musique arrête, il faut avoir trouvé une voiture.

Finalement, miracle! Un taxi!

Nous embarquons avec nos deux grosses valises, nos sacs à dos et notre dignité qui commence tranquillement à prendre l’eau. Et c’est là que le scénario change complètement. Le coin de la rue est bloqué. Notre chauffeur nous explique la situation avec beaucoup de conviction. Nous le regardons avec attention.

Nous : « No comprendo. »

Lui : explications supplémentaires.

Nous : « No comprendo. »

Lui : probablement un peu désespéré.

Nous : toujours aussi espagnoles qu’une poutine.

Un agent de sécurité intervient et demande au chauffeur de tourner à droite. Évidemment, notre destination est à gauche. Mais ici, quand un agent de sécurité te dit de tourner à droite, tu tournes à droite. Même si ton appartement est à gauche. Même si ton GPS pleure. Même si ton instinct te dit que ça sent le détour. Et notre chauffeur, qui jusque-là semblait parfaitement calme, décide soudainement de révéler sa deuxième carrière.

Pilote de Formule 1.

Nous voilà parties à toute vitesse dans les rues de Madrid. Virages, accélérations, freinages… Il ne manquait que le drapeau à damier et Lewis Hamilton dans le siège arrière.

Nous avons vécu une expérience dont nous nous souviendrons longtemps. Et finalement, avec le recul, nous étions bien contentes d’avoir l’estomac vide. Parce qu’avec un déjeuner complet dans le ventre, le taxi aurait probablement été équipé d’un système de nettoyage biologique à notre arrivée.

Notre chauffeur finit par devoir nous débarquer avant notre destination. Notre appartement est situé dans une rue fermée tous les dimanches pour permettre la tenue d’un marché aux puces.

Évidemment.

Parce qu’après le train, la foule, les taxis qui disparaissent et le Grand Prix de Madrid, il fallait bien ajouter un petit marché aux puces à l’aventure. Nous terminons donc les 200 derniers mètres à pied, valises en main, et arrivons finalement saines et sauves à notre appartement.

Notre hôte nous accueille chaleureusement et nous donne quelques recommandations de restaurants. Et là, nos estomacs prennent le contrôle de l’expédition. Nous suivons ses conseils et allons déguster des spécialités typiquement madrilènes. Enfin… « déguster » est le mot officiel. Comprendre ce qu’on mangeait était une autre histoire.

Tout le menu était en espagnol.

Nous avons donc commandé avec une technique hautement scientifique : regarder les mots, choisir quelque chose qui semble sympathique et espérer que ce ne soit pas un pied de cochon farci au poulpe. Et comme les portions sont gigantesques, nous avons même demandé à emporter les restes. Cette demande a bien fait rire le serveur.

Nous, on ne voyait vraiment pas ce qu’il y avait de drôle. Quand tu as marché toute la journée avec une valise et survécu à une course de Formule 1 en taxi, tu ne gaspilles pas de nourriture!

Résultat : nous avons maintenant un deuxième repas qui repose tranquillement dans le frigo.

Demain, on verra bien ce que Madrid nous réserve. Mais une chose est certaine : après notre arrivée, nous avons compris une règle fondamentale du voyage : à Madrid, mieux vaut avoir le ventre vide, les jambes solides et une bonne assurance voyage. 😂