
Aujourd’hui, nous poursuivons notre grande expérience scientifique en autobus, direction la partie moderne de Madrid. À force de monter, descendre, chercher les arrêts et essayer de comprendre les indications, nous commençons à maîtriser le système. Enfin… disons que nous avons développé une confiance légèrement supérieure à notre compétence réelle.
Nous avons aussi enfin compris l’engouement des Madrilènes pour leur équipe de foot. La preuve irréfutable : à l’approche du stade, une grande partie des passagers a soudainement disparu de l’autobus. Nous avons donc suivi le mouvement jusqu’au stade, qui est franchement impressionnant. Grandiose, immense, spectaculaire… Nous avons même convenu qu’il ressemblait au gros vaisseau spatial dans Independence Day. Il ne manquait plus que les extraterrestres et Will Smith pour compléter le tableau.
Avec 90 000 supporters qui hurlent pour leur équipe, on imagine que ça doit vibrer tellement fort que même les vitres demandent un congé de maladie.
À la fin de notre promenade en autobus, nous décidons de nous rendre à la Plaza Mayor, parce que, paraît-il, quand on visite Madrid, il faut absolument y aller. C’est probablement vrai, surtout si notre objectif est de constater jusqu’où peut aller l’industrie du piège à touristes. En marchant vers la Plaza, nous avons même assisté à une arrestation de deux individus. Nous n’avons pas tout compris à la situation, mais nous avons immédiatement adopté notre meilleure attitude de touristes innocentes : regarder discrètement, faire semblant de comprendre et continuer à marcher comme si nous avions un rendez-vous très important avec une statue.
Autour de la place, les restaurants sont alignés au garde-à-vous. Et pour être certains que personne ne meure de faim faute de nourriture familière, on retrouve les grands classiques internationaux : Pizza Hut, Starbucks, KFC, McDonald’s, Burger King, Five Guys et j’en passe.
Bref, nous sommes en plein cœur de Madrid, en Espagne, et nous pourrions pratiquement commander un Big Mac avec un accent américain.
Nous avons préféré nous éloigner de deux petites rues et avons découvert Emma Cocina, un petit restaurant beaucoup plus sympathique où l’on nous a servi de délicieux plats préparés sur place. Comme quoi, parfois, il suffit de marcher quelques minutes pour échapper au royaume du « menu touristique avec photo en couleur ».
Évidemment, qui dit grande place touristique dit aussi kiosques de souvenirs. Et là, nous avons découvert l’art ancestral du souvenir madrilène… fabriqué en Chine. Parce qu’il faut bien que Madrid ait une petite participation dans le commerce mondial du bibelot. Nous avons donc acheté quelques cartes postales à envoyer. Maintenant, reste le véritable suspense : arriveront-elles à destination avant notre retour au Québec? À ce stade, nous avons plus confiance en notre espagnol qu’en la Poste.
Nous reprenons ensuite le chemin de l’appartement, avec un arrêt au métro pour acheter nos cartes de transport. Et là, miracle : notre espagnol progresse! Nous mélangeons encore joyeusement espagnol, français et anglais, mais nous avons développé une technique universelle qui semble fonctionner partout : parler lentement, sourire, répéter autrement et accompagner le tout de grands gestes. Et puis…avec notre air innocent, on ajoute des À et des O à la fin de certains mots français et cela semble donner le résultat souhaité.
En fait, nous ne parlons peut-être pas encore vraiment espagnol, mais nous sommes devenues excellentes en charades internationales. Et malgré tout, on finit toujours par se comprendre. C’est probablement ça, l’Europe : trois langues, quatre accents et deux mémés québécoises qui gesticulent au milieu… et tout le monde finit par trouver une solution.
Demain, une nouvelle aventure nous attend : Tolède!
Après Madrid, ses autobus, ses métros, ses touristes et notre espagnol en construction, nous sommes prêtes.
Enfin… « prêtes » est peut-être un grand mot. Disons que nous avons nos souliers, notre carte de transport et suffisamment de confiance pour nous perdre dans une nouvelle ville avec beaucoup d’assurance. 😄




