
Aujourd’hui, nous avons accompli notre grande mission du jour : aller porter nos vidanges dans les bons conteneurs. Oui, oui, à ce stade du voyage, on célèbre les petites victoires. Quand on a 43 jours d’expédition dans les jambes, trouver le bon bac devient presque une activité touristique.
Mais une autre mission nous attendait : rapporter quelques souvenirs à nos chers membres familiaux. Nous avions volontairement évité d’acheter quoi que ce soit au fil du voyage. Pas question de transporter des souvenirs d’une ville à l’autre et de transformer nos valises en haltères olympiques. Alors, Lisbonne serait notre dernière chance de faire plaisir à tout le monde.
Sauf qu’il y avait un léger problème : nous ne trouvions rien qui convienne aux enfants. Des tuiles portugaises colorées? Magnifiques. Des sardines en conserve? Très portugaises. Du porto? Excellent. De la ginjinha? Encore meilleur. Mais pour un enfant de huit ans, disons que le potentiel de bonheur était plutôt limité. On imaginait déjà sa réaction : « Merci… mais c’est quoi, ça? Et pourquoi ça se boit? »
Nous voilà donc parties à la recherche DU cadeau parfait. Nous sommes entrées dans une boutique, puis une autre, puis une troisième. On prend une rue, puis une deuxième, puis une autre un peu plus à droite… et soudain, nous voilà rendues en bas de la ville. Évidemment, tout ce qui descend à Lisbonne doit éventuellement être remonté. Lisbonne possède cette merveilleuse particularité géographique : quand tu crois que tu es arrivée quelque part, tu réalises que tu es simplement au début d’une montée.
Il faut vraiment les aimer, ces enfants!
Après plusieurs kilomètres de lèche-vitrines, de « Peut-être que ça leur plairait? », de « Non, ça, ils en ont déjà un » et de « On ne peut quand même pas leur rapporter ça! », nous avons finalement trouvé ce que nous cherchions. Nous avons même réussi à nous accorder une pause dîner sur une terrasse, histoire de reprendre des forces avant de repartir à l’assaut des boutiques.
Retour à l’appartement à 16 h 30. Quatre heures de magasinage!
On se serait crues en plein temps des Fêtes, sauf qu’au lieu de magasiner tranquillement dans notre ville, nous avons fait ça à Lisbonne, avec des côtes, des rues pavées et des kilomètres dans les jambes. Parce que pourquoi faire simple quand on peut transformer l’achat de quelques cadeaux en expédition internationale?
Demain, dernière journée : faire les valises. Nous croisons maintenant les doigts, les orteils et probablement quelques articulations pour que tout rentre. Et, par mesure de sécurité, nous avons déjà repéré une boutique de valises. On ne sait jamais.
Après 42 jours de voyage, il ne manquerait plus que nos souvenirs nous obligent à acheter une valise pour transporter la valise.



