Pause syndicale pour nos pieds

Après vingt jours de promenades, de découvertes, d’excursions et de déplacements en tout genre, notre corps a finalement déposé un grief officiel : « Ça suffit les filles, on veut s’asseoir! »

Depuis notre arrivée, nous maintenons une cadence d’environ 7 km par jour, ce qui représente déjà près de 140 km depuis notre départ de Montréal. Pas pire pour deux mémés dans la soixantaine qui n’avaient absolument pas prévu l’entraînement nécessaire pour devenir des marcheuses européennes professionnelles!

À ce rythme-là, nous avons probablement assez marché pour nous rendre à pied jusqu’au Portugal. Le problème, c’est qu’il faudrait ensuite revenir.

Nos pieds, nos genoux et nos hanches commencent d’ailleurs à se parler dans notre dos. On sent qu’une coalition se prépare. Le mollet menace de démissionner, le genou exige une pause et le pied gauche refuse catégoriquement de collaborer avant d’avoir obtenu de meilleures conditions de travail.

 Aujourd’hui, nous avons donc adopté un programme beaucoup plus exigeant : un petit tour du quartier et retour à la base. Au cours de cette expédition de haute intensité, nous avons découvert un petit resto italien qui sert une pizza aussi délicieuse que généreuse. Tellement généreuse qu’il en restait suffisamment pour régler le souper. Une décision stratégique majeure : moins de marche, plus de pizza! Voilà enfin une activité touristique que nous maîtrisons parfaitement : manger deux fois avec une seule commande.

Comme la température s’est enfin rafraîchie, je me suis permis un verre de vin rouge ce midi. Mon premier depuis notre départ. Je ne connais pas son taux d’alcool, mais il devait être suffisamment élevé pour transformer mes jambes en nouilles et mon après-midi en opération « sieste immédiate ».

Disons que le vin m’a amortie avec une efficacité remarquable. J’ai dormi comme un bébé… un bébé qui aurait marché 140 km et qui aurait enfin trouvé son lit.

Demain, changement de décor : nous partons visiter le palais royal.

Nos pieds ne sont pas encore au courant.