Quand les jambes déposent une plainte officielle

Aujourd’hui, il fait beau et nous nous préparons pour une autre belle journée. Rien de trop ambitieux au programme : petite promenade, autobus, quelques visites… Bref, une journée supposément tranquille.

Après plus de trente jours à marcher des kilomètres, à monter des escaliers qui semblent avoir été conçus par des architectes qui détestent les touristes, et à visiter suffisamment de monuments pour obtenir notre diplôme en histoire de l’Europe, notre corps commence à nous envoyer des messages.

Pas des petits messages subtils, non. Des avis de détresse.

Nos jambes nous disent :
« Mesdames, vous allez arrêter ça immédiatement ou nous allons vous faire découvrir des douleurs dont même Wikipédia ignore l’existence. »

Nous avons donc décidé de mettre la pédale douce. Après tout, il nous reste encore deux journées complètes à Porto et huit jours à Lisbonne. Et, dans un moment de grande lucidité, nous avons gardé les deux villes les plus côteuses pour la fin du voyage. Génial.

C’est un peu comme terminer un marathon en se disant : « Pour le dernier kilomètre, ajoutons quelques montagnes, ça va être le fun! »

Ce matin, nous avons donc repris le même chemin qu’hier pour nous rendre à notre arrêt d’autobus. Nous connaissons maintenant le parcours par cœur. Enfin… surtout la partie où nous cherchons notre souffle. Notre programme nous a ensuite amenées vers quelques lieux emblématiques de Porto : la tour des Clérigos, où nous avons même eu droit à un concert d’orgue, puis l’église des Carmélites. De quoi nourrir notre culture avant de nourrir nos estomacs.

Et pour terminer cette petite journée supposément reposante : un pique-nique au bord de l’océan. Là, enfin, nos jambes ont cru que nous avions compris le message. Sauf que… Notre « petite journée tranquille » s’est quand même soldée par 8 kilomètres de marche et 20 étages. Vingt. ÉTAGES.

À ce stade-ci, nos cuisses ne sont plus des cuisses. Ce sont deux blocs de béton armé qui fonctionnent uniquement grâce à la détermination et à une quantité inquiétante de volonté.

Des cuisses d’enfer, je vous dis.

Et demain, elles vont probablement nous envoyer la facture.